Le 93 présente l’un des contrastes les plus nets de la petite couronne : la plaine de Saint-Denis, au nord-ouest, n’affiche aucune reconnaissance sécheresse, quand le plateau de l’est, de Montreuil à Gagny, concentre des historiques parmi les plus chargés d’Île-de-France. Entre les deux, un facteur principal : la géologie, avec des formations argileuses affleurantes sur les coteaux et plateaux de l’est, dont les fameuses argiles vertes qui portent le nom de Romainville. Pour les propriétaires de pavillons du département, cette carte dicte la vigilance ; l’épisode 2026 dicte le calendrier.

L’est du département, coeur du risque francilien

Les chiffres officiels de Géorisques classent sans ambiguïté : Rosny-sous-Bois totalise 11 reconnaissances sécheresse de 1989 à 2020, Montreuil 9, Noisy-le-Grand 8, Gagny 8, Livry-Gargan 8, Romainville 4, Aulnay-sous-Bois 3, Saint-Denis 0. Les épisodes de 1989-1993, 1996-1997, 2003, 2005-2006, 2018 et 2020 reviennent systématiquement : le plateau de l’est a répondu à chaque sécheresse nationale. Ce palmarès recoupe le parc bâti : des dizaines de milliers de pavillons d’avant-guerre et des années 1950 à 1980, fondés superficiellement sur ces argiles, souvent mitoyens ou en bande.

La règle de lecture reste parcellaire : la carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles, actualisée début 2026 sur Géorisques, se consulte à l’adresse. Dans un département aussi contrasté, deux rues peuvent changer la donne.

2026 : l’épisode de trop pour des sols déjà éprouvés

Le bilan de Météo-France publié le 3 septembre 2026 cumule les records : été le plus chaud depuis 1900 (3,6 °C au-dessus de la normale), 53 jours de vague de chaleur en trois épisodes, canicule précoce du 17 au 30 juin, déficit de pluie proche de 40 %. La sécheresse des sols a atteint un niveau sans précédent en moyenne nationale, les valeurs les plus basses se concentrant du Centre-Ouest au Nord-Est, Bassin parisien compris. Pour des argiles déjà sollicitées par 2018 et 2020, 2026 prolonge une série de cycles extrêmes rapprochés, et la réhydratation en cours fait travailler les fondations en sens inverse : les fissures d’octobre et novembre appartiennent au même épisode que celles d’août.

Le pavillon du 93 : lecture rapide des désordres

Le bâti typique du plateau : pavillons meulière ou brique d’avant-guerre, pavillons enduits des années 1960-1980, souvent accolés ou en bande, avec sous-sols partiels et extensions successives. Les points qui marquent : fissures en escalier sur les façades et pignons, diagonales aux angles d’ouvertures, jonctions entre maison et extension ou garage, et pour les maisons en bande, fissuration verticale aux jonctions entre constructions. À l’intérieur : portes qui frottent par saisons, fissures aux liaisons cloisons-plafonds, carrelages fendus en ligne. Aucun signe isolé ne conclut ; leur convergence et leur chronologie, apparus ou aggravés depuis l’été, orientent fortement.

Les démarches pour l’épisode 2026, dans l’ordre

Un : documenter dès maintenant, photos datées avec repère d’échelle, témoins ou jauges sur les fissures franches, relevés toutes les deux à trois semaines pendant la réhydratation. Deux : signaler par écrit en mairie en demandant le dépôt d’une demande de reconnaissance pour les mouvements de terrain liés à la sécheresse et à la réhydratation des sols de 2026 : c’est la commune qui saisit la préfecture, et les historiques du département montrent que les mairies de l’est connaissent la procédure. Trois : préparer la phase assurance : déclaration sous 30 jours après l’arrêté (attendu pour l’essentiel courant 2027), franchise légale de 1 520 euros, provision sous 2 mois, indemnisation sous 3 mois. Quatre : aucune réparation définitive avant qualification, le rebouchage précoce effaçant les preuves.

En zone dense, ajoutez la dimension collective : signalements coordonnés entre voisins d’une même rue ou d’un même lotissement, information du syndic en copropriété, constats croisés sur les maisons en bande. Le dossier communal et chaque dossier individuel s’en trouvent renforcés.

Qualifier l’origine sur un sol pareil : indispensable

Sur le plateau de l’est, l’exposition argileuse rend le lien sécheresse-désordres plausible ; c’est précisément pourquoi l’expert d’assurance cherchera les causes alternatives : mitoyenneté, extensions mal liaisonnées, réseaux anciens, végétation urbaine. Un rapport indépendant qui discute et écarte ces pistes, pendant que les désordres évoluent, structure le dossier avant la contradiction. Notre méthode est présentée sur la page expertise fissures en Seine-Saint-Denis, nos prix sur la page nos tarifs, et notre page contact permet de décrire votre situation, de Montreuil à Aulnay et de Rosny à Noisy-le-Grand.

Laurent Hojan, expert en construction et bâtiment depuis huit ans et fondateur de Check my House. Cet article s’appuie sur l’expérience de terrain du cabinet et sur des sources publiques officielles.